Architectures nazi

Les totalitarismes qui sont apparus au XXème siècle — nazisme, fascisme, communisme — ont en commun l'utilisation de l'architecture à des fins de propagande. Même pompe, même kitsch, même mégalomanie, même néo-classicisme dénué de toute originalité. Il est parfois difficile de différencier un bâtiment stalinien d'un bâtiment construit dans l'Allemagne nazi.

Dès la résistible ascencsion d'Hitler, pour reprendre le terme de Brecht, de nombreux architectes se sont convertis aux "valeurs architecturales" d'un führer qui se prenait pour un artiste. Certains par pur opportunisme, d'autres par conviction idéologique. C'est ainsi que, suite à l'éviction ou au départ volontaire d'architectes de premier plan, certains seconds couteaux devinrent des artistes reconnus de la clique nazi.

L'architecture allemande est en pleine floraison lorsque Hitler devient chancelier. De nombreux projets sociaux ont vu le jour. Beaucoup de ces architectes sont très influencés par Peter Behrens (1868-1940) qui prône une absence d'ornement. C'est le cas de Walter Gropius (1883-1969), par exemple, qui émigrera aux USA en 1937.

En même temps, d'autres architectes combattent farouchement ces tendances modernistes. Pour eux, Le Corbusier est un bolchevique et le Bauhaus est une officine communiste. Parmi ceux-ci, Paul Schultze-Naumburg est certainement le plus important.

Paul Schultze-Naumburg (1869-1949)

Schultze-Naumburg est des architectes allemands les plus prolifiques du début du XXème siècle. Ayant commencé sa carrière dans l'Allemagne wilhelminienne, il la poursuivra sous la République de Weimar et finira couvert d'honneurs sous le troisième Reich.

Paul Schultze-Naumburg en 1918

Paul schultze naumburg

De sa première à sa dernière réalisation, Schultze-Naumburg sera fidèle au style néo-germanique qui regroupent des influences allant du néo-médiéval au baroque en passant par le style fermette de campagne. Dans ses écrits théoriques, il fustige à longueur de pages l'achitecture moderne, y compris celle d'architectes officielles du troisième Reich. Avec un groupe d'architectes, dont German Bestelmeyer (1874-1942), il va former en 1928 un groupe d'opposition au expérimentations du Bauhaus, le Blok. Cette association sera bien très bien vue des nazis, d'autant que Schultze-Naumburg a une conception profondément raciste de l'art. Dans son livre "Kunst und Rasse" (Art et race, tout un programme !), publié en 1928, il soutient que seul un artiste "racialement pur" peut produire une œuvre à la beauté classique. Les artistes modernes "métissés" ne peuvent donner que des œuvres à la difformité maladive. L'exposition sur  "l'Art dégénéré" de 1937 est déjà annoncée. Un tel délire ne pouvait que plaire à Hitler.

Sous le troisième Reich, Schultze-Naumburg est membre du KDAI, Kampfbund deutscher Architekten und Ingenieure (association de défense des architectes et ingénieurs), qui regroupent les personnalités les plus réactionnaires et antisémites de la profession comme German Bestelmeyer, Konrad Nonn ou le suisse allemand Alexander von Senger. Ces individus n'hésiteront pas à publier des articles dans l'organe officiel du NSDAP, le Völkicher Beobachter. Schultze-Naumburg entretient des relations amicales avec Walther Darré (1895-1953), ministre de l'agriculture sous le troisième Reich, avec Gœbbels, le nabot boiteux, Himmler at aussi Hans Friedrich Karl Günther (1891-1968), un eugéniste surnommé parfois "pape de la race" (inutile d'en dire plus !).

Pendant presque toute sa carrière, Schultze-Naumburg aura la chance d'avoir des clients riches appartenant soit à la haute bourgeoisie, soit à la noblesse, y compris la famille impériale. Après la chûte du Reich, sa pension sera supprimée. Devenu aveugle, il est mort à Jena en 1949.

Villa Schüster (1904), Marktneukirchen.

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Château de Freudenberg (1904-1905), Wiesbaden. Châteua de style néo-classique dans la droite ligne de Schinkel. C'est actuellement une maison de repos

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Villa Ithaka (1906-1907), Weimar. Demeure néo-baroque édifiée pour l'écrivain et diplomate Ernst von Wildenbruch (1845-1909)

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Sanatorium (1906-1907), Bad Kissingen. Construit en style néo-baroque pour le Docteur Apoland. Etat actuel

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Château de Hackausen (1906-1907), Solingen. Château de style néo-baroque construit pour August von Recklinghausen

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Château de Peseckendorf (1906-1909), Oschersleben. Château construit pour le propriétaire terrien et éleveur de chevaux percherons Friedrich August Schaeper (1864-1924). La façade sur la rue de style néoclassique

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Château de Peseckendorf, Oschersleben. La façade sur le parc est, en revanche de style néobaroque. Avec son pavillon central, semi-circulaire surmonté d'un dôme, je pense que cette façade est un pastiche (volontaire ou involontaire ?) du palais de Sanssouci construit à Potsdam entre 1745 et 1747 par Knobelsdorf (1699-1753) pour Frédéric II de Prusse

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Château de Sanssouci (1745-1747), Potsdam. Façade sur le parc

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Château de Pesekendorf, Orschesleben. Façade sur le parc

2621731899 5b8169da64 bManoir von Lindquist (1904-910), Grabow. en 1901, Olof von Lindequist achête la propriété de Grabow et demande à Schultze-Naumburg de reconstruire le manoir. Celui-ci reprend le style baroque du bâtiment primitif. Le parc était célèbre pour ses arbres comme des Gingko, des tulipiers. La deuxième guerre mondial à ravagé le domaine

Grabow manor

Château de Bahrendorf (1909-1913), Bahrendorf. Façade sur la cour d'honneur. Commandé par une propriétaire terrien du nom de H. A. Schaeper, il est de style néoclassique. Le pavillon central présente un péristyle de style dorique. Sur la cour, le pavillon s'orne d'une rotonde. Transformé en hopital de 1945 à 2002, c'est aujourd'hui une maison de repos

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BahrendorfChâteau de Bahrendorf, Bahrendorf. Façade sur le parc

Schloss bahrendorf

C'est en 1913 que la carrière de l'architecte atteint son apogée avec la commande par l'empereur Guillaume II d'un château pour son fils le prince-héritier Guillaume de Prusse (1882-1951), son épouse Cécilie de Mecklembourg (1886-1954) et leurs enfants. En hommage à la princesse, la demeure, située à Potsdam, s'appellera Cecilienhof. C'est le prince héritier qui posera la première pierre en 1913.

L'immense demeure, constuite en briques et en colombages, est un cottage de style néo-Tudor. Du fait de la première guerre mondiale, la famille ne put s'installer qu'en 1917. En 1918, le prince héritier renonce à ses droits à la couronne et est exilé. Le couple ne s'entendant pas, la princesse reste au Cecilienhof jusqu'en 1945, l'arrivée des troupes soviétiques l'obligeant à fuir. C'est au Cecilienhof que la conférence de Potsdam se réunit en jullet 1945.

Château de Cecilienhof (1913-1917), Potsdam. Vue de la façade sur le parc

Cecilienhof

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Château de Cecilienhof, Potsdam. Façade d'entrée

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Château de Cecilienhof, Potsdam. Vue sur une des cours intérieures

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Château de Cecilienhof, Potsdam. Photo de la conférence de Potsdam en juillet 1945

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Après la première guerre mondial, une grande partie de la noblesse allemande perd sa fortune ou disparaît, notamment avec la crise de 1923. Les commanditaires de Schultze-Naumburg vont désormais être des grands bourgeois aux goûts moins dispendieux. Pour autant, l'architecte va rester conservateur comme c'est le cas de la Westphalsche Haus dans la banlieue de Leipzig (1926-1927).

Westphalsche Haus (1926-1927), Markkleeberg. Façade de la maison construite en style néo-baroque pour Carl Westphal, directeur général de la société gazière de Thuringe

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Sa carrière va donc se dérouler sans accroc durant la République de Weimar hormis son opposition grandissante à l'architecture moderne. Membre du NSDAP depuis 1930, il est couvert d'honneur : médaille Gœthe en 1939, insigne d'or du parti en 1943 et enfin Ordre de l'aigle du Reich allemand en 1944.

Pour autant, il ne se convertira pas à l'esthétique mégalomaniaque des architectes du troisième Reich, mais évoluera vers un style de plus en plus réactionnaire qui aura viré au pastiche dans ses dernières productions comme les édifices qu'il a construit à Parchim, une petite ville du Mecklembourg, en 1934-1935.

Tribunal d'instance (1935-1936), Parchim. Façade. Dans ce bâtiment, Schulze-Naumburg fait preuve d'une rigueur assez rare dans son œuvre

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Caisse d'épargne (1935-1936), Parchim. Façade. Ici la référence aux styles anciens virent au pastiche sans imagination du néo-gothique initié par Schinkel

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German Bestelmeyer (1874-1942)

Tout comme Schulze-Naumburg, dont il partageait les idées, c'est un architecte profondément réactionnaire, Après avoir fait des études à Munich et à Vienne, il deviendra professeur à l'Ecole supérieure technique de Dresde en 1910 puis en 1915 à l'Académie des Beaux-Arts de Berlin. Il aura ainsi une brillante carrière académique jusqu'à devenir président de l'Académie bavaroise des beaux-arts de 1924 à 1942.

German Bestelmeyer. Origine et date inconnues

523Appartenant au "block" qui combattait l'architcture moderne, il utilisa sa position à Munich pour orienter l'architecture bavaroise dans une dircetion toujours plus conservatrice, bloquant au passage, les projets d'architectes un peu plus novateurs. membre du mouvement antisémite "association de lutte pour la culture allemande", il adhère au NSDAP en 1933. Nommé sénateur pour la culture du Reich en 1935, il envisageait d'organiser la première exposition consacrée à l'architecture allemande dans la Maison de l'art allemand à Munich lorsqu'il mourût. Hitler ordonna de lui faire des funérailles nationales sous forme d'un défilé de 300 Hitler-Jugend porte-flambeau.

D'un point de vue architectural, son travail le plus important est certainement la construction du bâtiment principal de l'Université de Munich entre 1906 et 1910. On lui doit aussi l'Adolphus Busch Hall à l'université de Harvard construit entre 1911 et 1913. Ensuite, son travail s'orientera davantage vers la construction ou la restauration d'églises hormis l'édification de l'hôtel de ville de Bonn (1922-1925), dans un style baroque totalement décalé et le bâtiment de l'administration des impôts à Berlin (1921-1923), d'une architecture en briques beaucoup plus simple et qui vise à la grandeur.

Bâtiment prinipal de l'université (1906-1910), Munich. Vue de la façade sur l'Amalienstrasse. Dans ce bâtiment, l'architecte a tenté une synthèse entre le néo-byzantin (dont l'infuence est surtout visible à l'intérieur) et le Jugendstil

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Bâtiment principal de l'université, Munich. Carte postale de 1910 montrant l'Amalienstrasse au niveau de l'université

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C'est surtout l'intérieur de l'édifice qui est remarquable. Bestelmeyer a créé un grand hall (la cour des lumières) porté par deux étages de voûtes en plein cintre aux chapiteaux à décoration néo-romane. La disposition générale de ce grand espace ainsi que la double galerie montre, à l'évidence, l'infuence de Sainte-Sophie. La double galerie dessert des amphitéâtres et des salles. Un des côtés est occupé par un monumental escalier surmonté d'un orgue. La coupole est vitrée et donne son nom au lieu. De nombreux artistes sont intervenus dans la décoration de l'édifice.

Bâtiment principal de l'université, Munich. Lichthof. Vues générales

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Bâtiment peincipal de l'université, Munich. Détail d'un chapiteau de la Lichthof

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Bâtiment principal de l'université, Munich. Mosaïque du sol de la Lichthof. Elle est due à Wilhelm Köppen (1876-1917) élève de Franz von Stuck (1863-1928), a été un artiste représentatif du Jugendstil munichois. Le motif central représente une tête de Méduse

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Bâtiment principal de l'université, Munich. Lichthof. Un autre travail de Köppen est une fontaine murale surmontée d'une pendule

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De part et d'autre de l'escalier sont intallée deux statues depuis 1911. Face à l'escalier à gauche le roi Louis 1er et à droite le prince régent Luitpold. La statue de Louis 1er a été exécutée par le sculpteur suédois Knut Johan Efraim Akerberg (1868-1955). C'est en effet le roi Louis 1er (1786-1868, roi de 1825 à 1848) qui ordonné le déménagement de l'université de Landshut à Munich en 1826.

La statue du prince régent Luitpold a été exécutée par l'allemand Josef Bernhard Maria Bleeker (1881-1968). Luitpold (1821-1912) a été régent de Bavière de 1886 à 1912. En 1886, le roi Louis II (1845-1886) est déposé du fait de son comportement et de ses dépenses. Disons-le sans ambage, malgré toutes les discussions qui ont tourné autour de sa personnailté, Louis II était un tantinet cinglé. Il faut dire que les Wittelsbach ont toujours eu la tête un peu fragile. Louis 1er perdra son trône pour s'être amouraché d'une prostituée de haut-vol, Lola Montes et on ne peut pas dire que l'équilibre psychologique était la caractéristique principale de Sissi. Comme Louis II, homosexuel, n'a pas eu d'enfant, son successeur aurait dû être Othon (1848-1916), son frère. il est effectivement couronné sous le nom d'Othon 1er mais ne peut régner puisqu'il est enfermé pour démence depuis 1872 (quelle famille !). C'est donc Luitpold, le frère de Louis 1er qui assure la régence jusqu'à sa mort en 1912. C'est sous cette régence que le bâtiment est édifié.

bâtiment principal de l'université, Munich. Statue du roi Louis 1er par Knut Akerberg

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Bâtiment principal de l'université, Munich. Statue du prince régent Luitpold par Josef Bleeker

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Paul Ludwig Troost (1878-1934)

Paul Ludwig Troost en 1930

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Troost appartient à cette école "moderne" qui refuse l'ornementation. ses premiers travaux sont essentiellement des aménagments intérieurs de bateaux. Un exemple subsiste de son travail au château de Cecilienhof. Un des salons a été décoré en forme de cabine de bateau par l'architecte.

Cecilienhof (1914-1917), Potsdam. Salon

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Un de ses premiers bâtiments est le théâtre de marionnettes de Munich. La façade présente déjà toutes les caractéristiques du néoclassicisme froid qui deviendra une marque de fabrique de l'architecture nazi.

Théâtre de marionnettes (1911), Munich. Façade, photo d'époque

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Architecte de second-plan, il devient grâce à l'influence de son épouse sur le monde de l'art munichois, l'architecte favori d'Hitler. Hitler lui confie la construction de Füherbau (maison du füher) sur la prestigieuse Königsplatz de Munich. Les prestigieux bâtiments abritants des musés construits sous Loui 1er de Bavière rendent l'édifice de Troost triste et monotone. C'est un néo-classicisme vide et pompeux qui est à l'œuvre ici. Il y a sans doute une influence de Behrens, mais dévoyée.

Füherbau (1933), Munich. Photo de 1935. Au premier plan, un des deux Ehrentempel construit aussi par Troost

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Fürherbau, Munich. Hitler et Mussolini sur un des parvis en 1937

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Führerbau, Munich. Etat actuel

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C'est pour honorer les "héros" tombés lors du putsch de la brasserie en 1923, qu'Hitler commande à Troost deux bâtiments jumeaux, connus sous le nom de Ehrentempel sur la Königsplatz en 1934. Ceux-ci seront achevés en 1935, après la mort de l'architecte. Les cercueils des conjurés y seront transportés en grandes pompes et gardés jour et nuit par des SS. Pour ces édifices, Troost s'est directement inspiré de la Neue Wache construite par Schinkel à Berlin en substituant des piliers aux colonnes doriques. En 1947, lors de la dénazification, les deux structures furent détruites par les américains.

Ehrentempel (1934-1935), Munich. Les deux bâtiments à l'extrémité de la Königsplatz vers 1935

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Ehrentempel, Munich. Un des deux bâtiments en 1936

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Ehrentempel, Munich. Un des édifices vue de dessus en 1936

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Ehrentempel, Munich. Vue intérieure avec les cercueils des conjurés du putsch de  1923. Photo de 1936

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Eherntempel, Munich. Etat actuel. On distingue le soubassement sur lequel reposaient les piliers.

Ehrentempel

Avec ces bâtiments, Troost a fixé les canons de l'architecture officielle du troisième Reich. Utilisation de colonnades d'ordre dorique, néo-classicisme sévère visant, avant-tout, à produire un sentiment d'écrasement aux visiteurs.

Une des dernières œuvres de Troost, achevée après la mort de celui-ci, est la Haus der deutschen Kunst (maison de l'art allemand), commandée en 1933 et achevée en 1937. C'est sans aucun doute le sommet du néoclassicisme nazi avec sa colonnade dorique qui parait infinie. La façade est calquée sur celle de l'Altes Museum construit par Schinkel à Berlin entre 1823 et 1828. Une différence importante est que troost a abandonné le style ionique de Schinkel, plus souriant pour le style dorique.

C'est dans ce bâtiment que s'ouvre en 1937, l'exposition "d'Art Dégénéré" (entartete Kunst), qui présentent comme opposés à l'esprit allemand, les plus grands-chefs-d'œuvre de l'art moderne des collections nationales et particulières. S'y retrouvent Picasso, Dix, Chagall, Klee et même Emil Nolde qui appartien pourtant au NSDAP.

Depuis la fin de la guerre, le bâtiment n'a plus de destination fixe et est en partie squatté et en partie occupé par une discothèque. Un projet de réhabilitation semble vouloir démarrer en 2015.

Maison de l'art allemand (1933-1937), Munich. La colonnade en 1937

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Maison de l'art allemand, Munich. Exposition "d'art dégénéré" (1937-1938)

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Maison de l'art allemand, Munich. Visite de Hitler et Gœbbels pendant l'exposition "d'art dégénéré" en 1937

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Maison de l'allemand, Munich. Etat actuel

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Maison de l'art allemand, Munich. Les mosaïques du plafond du péristyle ornées de svastikas.

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Durant la période 1933-1934, Troost a été chargé de la rénovation de la chancellerie de Berlin. L'architecte, depuis longtemps malade, meurt, laissant le travail inachevé. Hitler va alors charger l'étoile montante de l'architecture nazi, Albert Speer, de reprendre les travaux.

Albert Speer (1905-1981)

On peut être architecte et faire partie de la catégorie ontologique sartrienne des salauds : c'est, sans aucun doute, le cas d'Albert Speer. Très proche d'Hitler entre 1933 et 1942, c'est la période où il imagina — et parfois réalisa — des architectures pompeuses et mégalomaniaques pour le führer. Devenu ministre de l'armement à la mort de Fritz Todt, il fut remarquablement efficace (et on sait ce que signifie ce mot sous le régime nazi) et on peut affirmer que c'est grâce à son action que l'Allemagne a pu tenir jusqu'à avril 1945.

Albert Speer en 1933

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Né dans une famille d'architectes de la bourgeoisie aisée, Speer finira ses études à Berlin sous la dircetion de l'architecte Heinrich Tessenow (1876-1950) dont il deviendra l'assistant. De la génération de Berhens, il est considéré comme un maître de l'architecture néo-germanique. C'est après avoir quitté Tessenow que Speer adhère au NSDAP en 1931. Il fait quelques travaux (restaurations de bâtiments, organisation des défilés).

C'est en 1933, pour l'organisation du congrès de Nuremberg, que Speer rencontre Hitler et sympathise avec lui. Il devient assistant de Paul Ludwig Troost (1878-1934) qui est en train de rénover la vieille chancellerie.

Son premier travail est la construction du Zeppelinfeld à Nuremberg, ville centrale de la mythologie nazi. C'est un immense stade pouvant contenir 340 000 personnes, utilisé pour les cérémonies. La tribune reprend, à une échelle gigantesque, le dessin de l'autel de Pergame, que les archéologues allemands avaient remonté dans le Pergamon Museum de Berlin. En beaucoup moins élégant, inutile de la dire. C'est durant le congrès de 1934, que Speer met en place la "cathédrale de lumière" avec 130 projecteurs disposés autour de la tribune. Ce fut, selon lui, sa plus belle réalisation. Laissons-lui ce jugement, mais il est incontestable que ce dispositif enthousiasma tout ceux qui le virent, à commencer par la cinéaste Leni Riefenstahl (1902-2003), réalisatrice du Triomphe de la volonté, à la gloire du nazisme et de son chef.

Zeppelinfeld (1934), Nuremberg. Vue générale, carte postale. Vers 1934

Zeppelin feld vue ge ne raleZeppelinfeld, Nuremberg. La tribune vers 1940

Dscn1247Zeppelinfeld, Nuremberg. La tribune en 1965

Nuernberg hg nue zeppelinfeld 003 02Nuernberg hg nue zeppelinfeld 006 02Zeppelinfeld, Nuremberg. La tribune, état actuel

Reichsparteitagsgelaende zeppelinfeld tribuene 68Zeppelinfeld, Nuremberg. "Cathédrale de lumière" pendant le congrès du parti nazi en 1934

Bundesarchiv bild 183 1982 1130 502 nu rnberg reichsparteitag lichtdomNon loin du Zeppelinfeld et du palais des congrès se trouve la Grosse Strasse en béton recouvert de plaques de granite prévue par Speer pour mesurer 2 kilomètres. Elle était prévue comme voie triomphale pour les défilés, la taille des plaques de granite étant alignée sur la longueur du pas de l'oie ! Elle n'a jamais été utilisée sauf comme piste d'aterrissage après la chûte du troisième reich.

Grosse Strasse, 1935, Nuremberg. A l'arrière plan, les restes du palais de congrès

800px reichsparteitagsgelaende kongresshalle totale grosse strasse 30L'un des projets les plus mégalomaniaques prévus pour Nuremberg fut la construction du Deutsches Stadion qui aurait pu recevoir 400 000 personnes. Le plan était fondé sur celui des stades antiques, notamment le Stade Panathénaïque d'Athènes mais dans des proportions colossales : 500 mètres de long pour 440 mètres de large et une hauteur de 100 m. Les travaux commencèrent en 1938 par le creusement des fondations, mais s'arrêtèrent avec le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale. Une partie de l'excavation est occupée aujourd'hui par le Silbersee.

C'est à propos de ce bâtiment que Speer développa son idée de "valeur des ruines". Pour l'architecte et son commanditaire, un bâtiment bien construit devait donner de belles ruines, un millénaire plus tard. Les belles ruines sont les témoins de la grandeur d'une civilisation. En ce qui concerne les ruines, Speer n'eut à attendre que 5 ans !

En 1937, dans le Hirschbachtal à l'extérieur de Nuremberg, Speer avait tester la solidité de son projet de gradins en coulant des plots de béton et en posant des planches sur une pente dont on avait dégagé la forêt. Hitler en personne visita les lieux en 1938. Les pots en béton existent toujours.

Deutsches Stadion (non construit), Nuremberg. Projets d'élévation de Speer

Stadionplanbmnov37Stadionplansbmnov37Deutsches Stadion, Nuremberg. Maquette du projet

Nuernberg hg nue ns zeit 88092 1106 02Nuernberg hg nue ns zeit 88095 1106 02Nuernberg hg nue ns zeit 88097 1106 02Deutsches Stadion, Nuremberg. Visite d'Hitler accompagné de Speer du site du Hirschbachtal en 1938

Bundesarchiv bild 183 2004 1103 501 nu rnberg deutsches stadion hitlerDeutsches Stadion, Nuremberg. Site du Hirschbachtal actuellement

1920px stadionmodell oberklausen1Deutsches Stadion, Nuremberg. Le Silbersee ocupant une partie de l'excavation des fondations du stade

Silbersee nu rnberg1937 est l'année où Speer atteint son apogée en tant qu'architecte officiel du troisième Reich. Il est nommé "inspecteur général de la construction, chargé de la transformation de la capitale du Reich" et on le charge de construire la pavillon de l'Allemagne pour l'Exposition internationale de Paris.

Speer imagine un baâtiment à structure métallique recouvert de dalles de granite de 54 m de haut surmonté par un aigle tenant la croix-gammé. Faisant face au pavillon soviétique surmonté par l'énorme groupe, L'ouvrier et la Kolkhozienne de Vera Moukina (1889-1953), c'est un véritable jeu de "montre moi qui a la plus grosse" qui a lieu entre les deux pavillons. Malgré le tragique manque d'imagination des architectes nazi et soviétiques, les deux pavillons seront récompensés !

De part et d'autre du pavillon trônent deux groupes de Josef Thorak (1889-1952), un des deux sculpteurs officiels du troisième Reich avec Arno Brecker, Camaraderie et Famille.

Exposition internationale de 1937, Paris. Speer montre son projet de pavillon à Hitler

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Exposition internationale de 1937, Paris. Le pavillon allemand et le pavillon soviétique. Carte postale

Paris 1937expoExposition internationale de 1937, Paris. Affiche pour le pavillon allemand. Les proportions du bâtiments ont été éxagérées

2f028e46da475caf6727cf36beaa68b3Exposition internationale de 1937, Paris. Le pavillon allemand. Carte postale

231 001Exposition internationale de 1937, Paris. Le pavillon allemand de nuit par le photographe Pierre Jahan (1909-2003)

Pierre jahan 1909 2003Expostion internationale de 1937, Paris. Josef Thorak, Camaraderie. Bronze

Thorak kameradenExposition internationale de 1937, Paris. Josef Thorak, Famille. Bronze. Photographie de Pierre Jahan

10 expo1937L'aménagement intérieur a été confié à l'architecte Woldemar Brinkmann (1890-1959) qui, comme Troost, dont il fut l'élève, a commencé par l'architecture navale. Devenu Reichskultursenator, Hitler lui commanda la construction d'un opéra à Munich, dans le cadre de la restructuration des villes allemandes. Opéra qui resta à l'état de projet.

Woldemar Brinkman en 1940

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Brinkmann présentant à Hitler la maquette du nouvel opéra de Munich. Photo de 1938

Brinkmann et hitler

Brinkmann a opté pour un style Art-Déco pompier sans grande originalité. Cela ne l'empêcha pas de gagner le grand prix décerné par le jury de l'exposition.

Exposition internationale de Paris, 1937. Le grand hall du pavillon allemand

45450834De nombreuses œuvres d'artistes officiels étaient exposés dans le pavillon. Une des plus caractéristiques est La fête du 1er mai au Lustgarten de Berlin, exécutée par Rudolf Hengstenberg (1894-1974) qui devint plus tard peintre de guerre et cité en exemple par Gœbbels et par le journal officiel du parti nazi, le Völkiche Beobachter.

Rudolf Hengstenberg. Fête du 1er mai au Lustgarten de Berlin. Photo d'époque

Henstenberg 1937 feriaC'est à cette occasion que Speer reçu la médaille d'honneur des jeunesses hitleriennes des mains de son chef, Baldur von Schirach (1907-1974). Rappelons que c'est à Schirach que l'ont doit cette phrase restée fameuse : "Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver".

En 1938, Hitler charge Speer de reconstruire la chancellerie du Reich à l'endroit même où se trouve l'ancien bâtiment. La date butoir étant le 10 janvier 1939, Speer accomplit le tour de force de construire la nouvelle chancellerie en 9 mois alors même que l'administration continuait de fonctionner. Ce sont sans doute ses talents d'organisateur qui poussèrent plus tard Hitler à le nommer ministre de l'armement.

L'énorme bâtiment dégoulinait de marbre et de mosaïques à la gloire du führer. Une galerie de 146 mètres de long (presque deux fois la Galerie des Glaces) déservait l'immense bureau d'Hitler. Le néoclassicisme frigide de l'ensemble voulait rappeler le lien entre l'Empire Romain et le trosième reich. En réalité, le luxe remplaçait l'imagination. L'entrée sur la cour d'honneur était encadrée par deux statues d'Arno Breker (1900-1991), sculpteur officiel du reich avec Thorak et spécialiste des aryens bodybuildés, deux mastards symbolisant l'Armée et le Parti.

Arno Breker modelant le portrait d'Albert Speer. Photo de 19411941 breker und speer 1

Nouvelle Chancellerie (1938), Berlin. Photo du chantier de construction

Bundesarchiv bild 146 1991 041 03 berlin bau der neuen reichskanzleiNouvelle chancellerie, Berlin. Speer accompagnant Hitler pendant la visite du 7 janvier 1939

Rep7 14bxNouvelle Chancellerie, Berlin, Vue générale du bâtiment en 1939

Bundesarchiv bild 146 1988 045 28 berlin neue reichskanzleiNouvelle chancellerie, Berlin. La façade (1939)

Bundesarchiv bild 146 1980 101 25 berlin neue reichskanzleiNouvelle chancellerie, Berlin. La cour d'honneur en 1939 et en 1940

Bundesarchiv bild 183 e00418 berlin neue reichskanzleiBundesarchiv bild 146 1987 003 09a berlin neue reichskanzlei innenhofNouvelle chancellerie, Berlin. Arno Breker (1939), Le Porte-flambeau ou le Parti. Bronze

Arno breker porte flambeau 03Nouvelle Chancellerie, Berlin. Arno Breker (1939), le Porte-glaive ou l'Armée. Bronze

Arno breker porte glaive 03Nouvelle chancellerie, Berlin. La façade sur le parc en 1939

Bundesarchiv bild 146 1985 064 24a berlin neue reichskanzlei gartenfrontNouevlle Chancellerie, Berlin. La galerie de marbre (date inonnue)

Marmorgallerie 1Nouvelle Chancellerie, Berlin. Salle des mosaïques (date inconue)

Arch speer reichskanzlei mosaichallNouvelle Chancellerie, Berlin. Porte du bureau d'Hitler sur la galerie de marbre (date inconnue)

Neue reichskanzlei vor fuehrer zimmer 1Nouvelle Chancellerie, Berlin. Bureau d'Hitler (1939)

Bundesarchiv bild 183 h26034 berlin neue reichskanzlei arbeitszimmer hitlers

Bundesarchiv bild 146 1985 064 28a berlin neue reichskanzlei arbeitszimmerNouvelle chancellerie, Berlin. Salon de réception (1939)

Bundesarchiv bild 183 1989 0508 508 berlin neue reichskanzlei gro er empfangssaalNouvelle Chancellerie, Berlin. Salle du cabinet (1939)

Bundesarchiv bild 146 1985 064 29a berlin neue reichskanzlei reichskabinettsaalL'entrée du bunker d'Hitler se trouvant dans les jardins de la chancellerie, celle-ci fut soumis à des bombardements intenses qui ne laisèrent que des ruines du gigantesque bâtiment. Les ruines furent rasées par les soviétiques qui édifièrent un mémorial dans le quartier de Treptow (zone d'occupation soviétique) avec le marbre récupéré.

Nouvelle chancellerie, Berlin. Ruines de la chancellerie, 1945

FuhrerbunkerBundesarchiv bild 183 0806 0003 berlin reichskanzlei ruineMémorial soviétique de Treptow, Berlin. Etat actuel. L'emblème communiste a été enlevé après la réunification.

1280px berlin treptow ehrenmal 11La mégalomanie d'Hitler trouva en Speer une oreille attentive. En temps que "chargé de la transformation de la capitale du Reich", c'est un plna de reconstruction totale de Berlin que l'architecte supervisa. Des bâtiments totalement délirants comme une arc de triomphe de 117 mètres de haut ou la Volkshalle au dôme de 290 mètres de haut, sorte de salle de réunion pour 180 000 personnes devaient trôner dans Germania, la nouvelle capitale du reich. Le délenchement de la guerre arrêta fort heureusement ces projets invraisemblables.

D'autres villes, comme Linz ou Dresde devaient, elles aussi, être totalement transformées sous la direction d'un certain nombre d'architectes entièrement soumis aux volontés du führer.

Germania, projet (1939-1945). Albert Speer travaillent sur la maquette (date inconnue)

SpeerGermania, projet. Speer présentant à Hitler un fragment de la maquette (date inconnue)

ModelGermania, projet. Vue générale de la maquette

Bundesarchiv bild 146iii 373 modell der neugestaltung berlins germaniaGermania, projet. Maquette de l'arc de triomphe

Berlin model triumphal archGermania, projet. Maquette de la Volkshalle

Bundesarchiv bild 146 1986 029 02 germania modell gro e halleLa carrière d'architecte officiel de Speer est désormais achevée. En 1942, il sera nommé ministre de l'armement et montrera les mêmes qualités d'organisateur. Arrêté à la fin du conflit, il sera un des accusés  du Procès de Nuremberg mais sauvera sa peau en reconnaissant ses erreurs. Condamné à 20 ans de forteresse, il sortira en 1966 de la prison de Spandau.

Même s'il a écrit sur son activité au sein de la buraucratie nazi, notamment le best-seller "Au cœur du troisième Reich", son action, sa connaissance de la "solution finale" et du travail forcé reste en fin de compte peu connu. Répondant volontiers aux interview, il a constamment jeté un rideau de fumée si les questions devenaient embarrassantes. Il semble quand même difficile de penser qu'un aussi haut dignitaire n'ait rien su de l'extermination des juifs ou des tziganes.

Albert Speer à la fin de sa vie

A speer Troost et Speer sont, un peu, les deux arbres qui cachent la forêt des architectes qui ont collaboré avec le troisième Reich. Certaines réalosations ou projets sont loin d'être anecdotiques comme je vais essayer de le montrer.

Ludwig Ruff (1878-1934)

Ludwig Ruff était le fils d'un entrepreneur en bâtiment bavarois qui lui appris les rudiments du métier. Il part à Munich à l'âge de 16 ans pour compléter sa formation et ouvre son bureau d'architecte avec un collaborateur en 1905.

Ludwig Ruff en 1930

1930Le style de Ruff varie considérablement selon les époques. Ses premiers travaux sont des maisons de style néo-germanique. Sa permière commande vraiment importante est la construction de la cité-jardin de Werderau dans la banlieue de Nuremberg, commandée par la firme industrielle MAN. La construction commencera en 1910 et s'étalera jusqu'à 1930. Pour cette réalisation, il adopte le style néo-baroque très prisée à cette époque.

Cité-jardin de Werderau (1910-1930). Quelques vues

Werdera1Werdera2Après la Première Guerre Mondiale, Ruff change de ton et adopte un style néo-gothique très épuré comme dans le monument aux soldats tombés situé à Weissenburg dans la forêt bavaroise.

Kriegergedächnisstätte (1923), Weissenburg. Etat actuel

Weg nr 5 hohlochweg kriegergeda chnissta tte 1923wug 057Il adopte le même style néo-gothique dénué de tout ornement pour la construction d'une des aîles de l'Ottonianum de Bamberg (grand séminaire épiscopal) en 1928.

Ottonianum (1927-1928), Bamberg. Etat actuel

72531509455519163853Cependant, durant ces années 1926-1928, il va se rapprocher d'une esthétique plus néo-classique et massive comme dans le Monument aux morts de Treuchtlingen ou dans le cinéma Phœbus Palast de Nuremberg, ouvert en 1927 et qui permettait d'accueillir 2043 spectateurs, ce qui en faisait un des plus grands d'Allemagne.

Monument aux morts (1926), Treuchtlingen. Etat actuel

Burg treuchtlingen 16Cinéma Pœbus-Palast (1927 détruit en 1974), Nuremberg. Extérieur, photo de 1956

Nu rnberg phoebus palast 56Cinéma Phœbus-Palast, Nuremberg. La salle, photo de 1953

Nu rnberg phoebus palast 53 1927 2043 placejpgEn 1934, Ruff dirige la construction de la villa de Julius Streicher (1885-1946) à Munich. Gauleiter de Franconie depuis 1925, député au Reichtag, c'est une des pires fripouilles de la période nazi. Compagnon de la première heure d'Hitler, c'est un antisémite forcené. Dans son joural der Stürmer, il appelle constamment au massacre des juifs. Il sera pendu à l'issu du Procès de Nuremberg. La maison a été détruite pendant la guerre.

C'est à cette période qu'il commence à travailler en collaboration avec son fils Franz (1906-1979) qui ne fera pas une inoubliable carrière d'architecte. En tout cas, les Ruff père et fils sont si bien intégrés dans le système nazi qu'Hitler leur commande la construction du palais des congrès de Nuremberg.

Bien qu'inachevé, c'est le monument le plus important qui reste du troisième Reich. Ce centre de congrès de la NSDAP devait accueillir 50 000 personnes. Il a la forme d'un théâtre romain de 250 mètres de diamètre et 70 mètres de hauteur prévue. A l'avant du bâtiment, deux aîles sont actuellement occupées par l'orchestre de Nuremberg et par le centre de documentation. Construit en briques et béton recouverts de dalles de granite. La façade de l'amphithéâtre est directement inspirée de celle du Colisée de Rome… toujours la filliation avec l'Empire Romain voulue par Hitler !

Ludwig Ruff meurt en 1934 des suites d'une opération intestinale. C'est donc son fils qui va superviser les travaux. Le première pierre fut posée en grandes pompes par Hitler en 1935 et les travaux se poursuivirent bon gré mal gré, jusqu'en 1943. Le palais des congrès resta à moitié achevé comme une dent creuse.

Palais des congrès (1935-1943), Nuremberg. Pose de la première pierre en 1935. A la droite de Hiler, Rudolf Hess. A la gauche, le Gauleiter de Franconie, Julius Streicher

Bundesarchiv bild 183 2004 0312 505 nu rnberg reichsparteitag grundstein kongre hallePalais des Congrès, Nuremberg. Photographie des travaux en 1939

02 baustelle kongresshalle 1939jpgPalais des Congrès, Nuremberg. Maquette du projet, vue de la façade

Frontansicht mit dachtragwerkPalais des congrès, Nuremberg. Maquette du projet, extérieur de l'amphithéâtre

Modell seitenansichtPalais des congrès, Nuremberg. Maquete du projet, la salle vue de la scène

ModellinnenansichtPalais des congrès, Nuremberg. Maquette du projet, la salle vue de la galerie

Modellentwurf

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