Pierre Bossan

Pierre Bossan (1841-1888) est un architecte lyonnais qui, après des études aux Beaux-Arts, travaillera avec Labrouste à Paris. De retour dans sa ville natale, il dirige les travaux de reconstruction de l'église Saint Georges. Il opte pour un style néogothique très sage qu'il reniera plus tard. L'église est consacrée en 1845. La même année, il part en voyage en Italie et subit une véritable fascination pour l'art byzantin et l'art siculo-normand qu'il découvre en Sicile. Grand Prix de Rome en 1850, c'est pendant son séjour à la Villa, Medicis qu'il trace les premières esquisses de son grand-œuvre, la Basilique de Fourvière à Lyon.

Portrait de Pierre Bossan sculpté en 1883 par Paul-Emile Millefaut (vers 1840-1907)

Basilique004

Eglise saint-Georges (1845), Lyon. Vue du chevet sur la Saône

640px e glise saint georges lyonEglise Saint-Georges, Lyon. Le tympan décoré d'un bas-relief de Charles Dufraine (sculpteur lyonnais, 1827-1900), Saint-Georges combattant le dragon

St georges charles dufraineEglise Saint-Georges, Lyon. Vue intérieure de la nef

St georges 2Eglise Saint-Georges, Lyon. La chaire

Stgeorges 8211 1En 1852, il rencontre Jean-Marie Vianney, le curée d'Ars, et se convertit au catholicisme. Dès lors, la plus grande part de son activité sera la construction d'édifice religieux au style inimitable. En 1855, il construit l'immeuble Blanchon, non loin de l'église Saint-Georges, en style mauresque, premier essai de l'intégration d'orientalisme dans ses œuvres.

Immeuble Blanchon, Lyon. Façade

Nicolas jacquet guide promeneur lyon maison blanchon bossanImmeuble Blanchon, Lyon. La porte d'entrée

Immeuble blanchonToujours en 1855, l'Eglise commande à Bossan la construction d'un édifice religieux dans une paroisse nouvvellement créée à Lyon. Les travaux vont s'éterniser jusqu'en 1898 par manque d'argent alors que les dimensions du sanctuaire sont relativement modestes. L'Eglise de l'Immaculée-Conception est consacrée en 1859 alors qu'elle est inavhevée. C'est la première église de l'architecte construite en style romano-byzantin. L'absence des sculptures lui donne un caractère austère que ses réalisation suivantes n'auront plus. Cependant, la ligne générale, trapue, presque ramassée, est bien là.

Eglise de l'Immaculée-Conception (1859-1898), Lyon. La façade

69123 lyon immacule e conception 3Eglise de l'Immaculée-Conception, Lyon. L'abside

69123 lyon immacule e conception absideEglise de l'Immaculée-Conception, Lyon. Intérieur de la nef

69123 lyon immacule e conception nefEglise de l'Immaculée-Conception, Lyon. Le chœur

69123 lyon immacule e conception autel et choeurEglise de l'Immaculée-Concetion, Lyon. La coupole

69123 lyon immacule e conception do meDès 1856, Bossan esquisse les plans de ce qui deviendra la basilique d'Ars. Jean-Marie Vianney meurt en 1859 et dès 1862, les travaux sont lancés. l'ancienne église, d'origine romane est en partie conservée et intégré dans le nouvel édifice. Il faut dire que le bon curé, avec son goût plus que discutable, avait déjà bien défiguré le veux sanctuaire. La basilique dédiée à Sainte Philomène (une martyre qui n'a jamais existé) n'est achevée qu'en1898. C'est Charles Dufraine qui exécutera les culptures et Paul Borel (1828-1913) qui sera le peintre. Le style de Bossan est définitivement établi. Le romano-byzantin se charge de sculptures à l'extérieur et de peintures et de mosaïques du sol au plafond. Cette débauche peut surprendre mais elle s'impose dans une basilique dédiée à celui qui disait que "rien n'est trop beau pour le Bon Dieu". Encore faut-il s'accorder sur la définition du beau ! Sans nier la profonde originalité de Bossan, j'avoue ne guére goûter cette lourdeur et cette massivité clinquante.

Basilique Sainte-Philomène (1862-1898), Ars-sur-Formans. Vue générale

Basilique arsBasilique d ars 321Basilique Sainte-Philomène, Ars-sur-Formans. Le chevet

Ars basilica 2Basilique Sainte-Philomène, Ars-sur-Formans. Vues intérieures

Ars 2Basilique d ars

Basilique Sainte-Philomène, Ars-sur-Formans. La chasse de Jean-Marie-Vianney

Chasse saint cure

En 1865, l'évèque de Viviers demande à Bossan d'élever une basilique dédiée à Saint-Jean-François-Régis à Lalouvesc, au fin fond de l'Ardèche. Saint-Jean-François-Régis (1597-1640) est un jésuite qui a parcouru en long, en large et en travers, l'Ardèche et le Vivarais pour aider et défendre les pauvres et les exclus, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige. Pris dans une tempête de neige, il contacte une pneumonie et meurt dans le petit village de Lalouvesc, totalement isolé (il l'est toujours). Très vite, Lalouvesc devient un lieu de pélerinage et c'est pour cette raison qu'on décide de construire une grande bailique dans ce coin perdu.

Influencé par la vie austère du jésuite ou par la non moins grande austérité du paysage des montagnes ardéchoises, Bossan opte pour un style romano-byzantin baucoup moins chargé qu'à Ars. Même si l'église est élevée au rang de basilique mineure en 1888, il faudra attendre 1900 pour que les clochers trouvent enfin leurs flèches.

Basilique Saint François-Régis (1865-1900), La Louvesc. Façade

Lalouvesc basilique saint re gis 03Basilique Saint-François-Régis, La Louvesc. Le portail

1920px lalouvesc basilique 2basilique Saint-François-Régis, La Louvesc. Vue latérale

Basilique lalouvescBasilique Saint-François-Régis, La Louvesc. La chasse contenant les restes du jésuite

Lalouvesc 2Basilique Saint-François-Régis, La Louvesc. Un des vitraux contant la vie du saint par Lucien Bégule (1848-1935)

640px lalouvesc vitraux basilique 1

En 1867, commence la construction de l'église de Régnié-Durette en Beaujolais. Avec ses deux clochers et son chevet circulaire à hautes fenêtres étriote, c'est un peu une préfiguration de la basilique de Fourvière en miniature. Les travaux s'achevèrent en 1895.

Eglise (1867-1895), Régnié-Durette. Le chevet

5b456 eglise regnie durette

1280px re gnie duretteEglise, Régnié-Durette. La façade

Beaujolaisregnie3Eglise, Régnié-Durette. Intérieur

Beaujolaisregnie2

C'est en 1866 que le Primat de Lyon décide la construction d'un nouvel édifice sur la colline de Fourvière en remplacement de la modeste chapelle.dédiée à la Vierge. Bossan, étant devenu architecte diocésain, est sollicité. Pendant la guerre de 1870-1871, à la demnade des lyonnais, l'archevèque de Lyon exprime un vœeu à la VIerge : que la ville ne soit pas occupée par les prussiens. Si le vœeu est exaucé, les lyonnais construiront une basilique dédiée à la Vierge.

C'est ainsi qu'en 1872, la première pierre est posée sur les plans de Bossan, dont les esquisses datent de son séjour à Rome. Le gros-œuvre est achevé en1884, sous la direction de Sainte-Marie Perrin (1835-1917), l'assistant de Bossan qui, malade, ne peut continuer à s'occuper du chantier. Il faudra attendre 1964 pour que la décoration intérieure soit achevée. C'est le Pape Léon XIII qui érige l'église en basilique.

Notre-Dame de Fourvière est le grand-œuvre de Bossan. Peut-on, pour autant parler de chef-d'œuvre ? De nombreux artistes ont sévèrement critiqué l'édifice. Joris-Karl Huysmans parlait "d'un pachyderme les pattes en l'air"… et il est vrai, que la tendance à la massivité de l'architecture de Bossan se manifeste avec force dans le bâtiment, les 4 tours (qui symbolisent les vertus cardinales) ne dépassant que de peu la hauteur de la nef. L'absence de transept augmente encore son apect monolithique. L'ensemble fait penser à une forteresse (rappelons nous la Cantete de Bach, Ein  feste Burg ist unser Gott — Notre Dieu est une forteresse). Pour résumer, la basilique de Fourvière n'est pas un sommet d'élégance, mais n'est pas plus moche que le Sacré-Cœeur ou Notre-dame de la Garde.

S'oppoant au reste du bâtiment, la façade est couverte de sculptures. On repère trois registres. Le premier est constitué de 3 arcs arabisants (sans doute symbolisant la Trinité). Le second est une galerie ornée d'anges, et enfin, le troisième registre est constitué d'un fronton sur lequel sont sculptés les grandes figures de la vie lyonnaise du XIXème siècle. L'ensmble mesure un peu plus de 56 m de haut.

L'intérieur est couvert de fresques et de mosaïques à fond d'or du sol au sommet des voûtes. On sent que Bossan, s'est laisser aller à son admiration pour la mosaïque byzantine. C'est un peu l'enfant illégitime qu'auarient pu avoir Sainte-Madeleine à Vezelay et le mausolée de Galla Placidia à Ravenne ! On en a pleine les yeux, mais c'est tout de même trop…

Basilique Notre-Dame de Fourvière (1872-1964), Lyon. Vue depuis les quais de Saône

Basilique de fourvie re from saone lyonBasilique Notre-Dame de Fourvière, Lyon. La façade

1024px lyon basilique de fourvie re front viewBasilica of notre dame de fourvie re lyonBasilique Notre-Dame de Fourvière, Lyon. La façade, avec au premier plan, le lion de Juda sculpté par Charles Dufraine

800px front of fourviereBasilique Notre-Dame de Fourvière, Lyon. Le chevet de nuit

Le chevet de la basilique de fourvie re lyonBasilique Notre-Dame de Fourvière, Lyon. Intérieur

640px lyon notre dame fourviere interieur 02640px lyon notre dame de fourvie res inte rieurFourviere

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×